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Blog · Numérique

Pourquoi votre débit internet réel semble 8 fois plus lent que celui annoncé

Vous souscrivez un abonnement « 100 Mbps », mais votre ordinateur affiche un téléchargement à environ 12 Mo/s. De quoi croire que le fournisseur ne tient pas sa promesse. En réalité, c'est exactement le résultat attendu : Mbps et Mo/s ne mesurent pas la même chose.

Deux unités différentes, pas deux mesures du même débit

Les fournisseurs d'accès annoncent un débit en Mbps, mégabits par seconde : c'est l'unité standard des télécoms et des réseaux. Votre ordinateur, lui, affiche généralement la vitesse de téléchargement en Mo/s, mégaoctets par seconde : c'est l'unité utilisée pour la taille des fichiers. Le décalage vient de là, pas d'un problème de ligne.

La conversion entre les deux repose sur un fait simple : 1 octet = 8 bits. Un débit exprimé en mégaoctets par seconde est donc toujours environ 8 fois plus petit que le même débit exprimé en mégabits par seconde.

Le calcul, posé clairement

Pour une offre annoncée à 100 Mbps, le débit maximal théorique en mégaoctets par seconde se calcule ainsi :

100 Mbps ÷ 8 = 12,5 Mo/s

Un ordinateur qui affiche « environ 12 Mo/s » pendant un téléchargement, sur un abonnement 100 Mbps, tourne donc quasiment au maximum théorique de la ligne. Ce n'est pas une connexion huit fois plus lente que promis : c'est la même vitesse, lue avec une autre unité.

Pourquoi le chiffre réel est parfois encore un peu plus bas

12,5 Mo/s reste un maximum théorique. Dans la pratique, plusieurs facteurs font descendre le débit réel un peu en dessous : l'overhead protocolaire du réseau (des bits supplémentaires servent à transporter et vérifier les données, pas seulement le contenu du fichier), la qualité de la ligne ou du signal Wi-Fi, la distance au routeur, et surtout la capacité du serveur distant à envoyer les données aussi vite que votre abonnement pourrait les recevoir. Un téléchargement à 10 ou 11 Mo/s sur une offre 100 Mbps reste donc parfaitement normal. Ce qui ne serait pas normal, en revanche, c'est un débit très inférieur, de l'ordre de 2 ou 3 Mo/s : là, la piste à explorer est la ligne ou le Wi-Fi, pas l'unité de mesure.

Débit descendant et débit montant, deux chiffres distincts

Le débit annoncé par un fournisseur d'accès concerne presque toujours le débit descendant (download) : la vitesse à laquelle les données arrivent vers votre appareil, utilisée pour naviguer, streamer ou télécharger. Le débit montant (upload), qui sert à envoyer des données (visioconférence, sauvegarde dans le cloud, envoi de fichiers), est généralement bien plus faible sur les offres ADSL et câble, où l'essentiel de la capacité de la ligne est réservé à la réception. La fibre optique réduit cet écart et propose souvent un débit montant beaucoup plus proche du débit descendant, ce qui explique pourquoi elle est particulièrement recommandée pour les usages qui envoient beaucoup de données.

Wi-Fi ou câble Ethernet : l'atténuation change tout

Le débit théorique d'un abonnement correspond à ce qui arrive jusqu'à la box. Entre la box et votre appareil, une connexion filaire (câble Ethernet) transmet ce débit avec très peu de perte. Une connexion Wi-Fi, en revanche, subit une atténuation qui dépend de la distance à la box, du nombre de murs traversés, des interférences avec d'autres réseaux et de l'âge de la norme Wi-Fi utilisée par l'appareil. Il n'est donc pas rare d'observer un débit nettement inférieur en Wi-Fi par rapport à un test réalisé en Ethernet sur la même ligne, sans que la ligne elle-même soit en cause : le goulot d'étranglement se situe alors entre la box et l'appareil, pas entre le fournisseur et la box.

« Jusqu'à X Mbps » : un débit maximal, pas garanti

Les offres sont commercialisées avec la mention « jusqu'à », qui signale qu'il s'agit d'un débit plafond obtenu dans des conditions optimales, et non d'un débit garanti en permanence. Un écart entre le débit annoncé et le débit réellement mesuré fait donc partie du fonctionnement normal d'un abonnement internet : il varie selon le moment de la journée, la congestion du réseau, l'équipement utilisé et, pour les technologies filaires historiques, la qualité de la ligne. Cet écart reste généralement modéré sur une ligne en bon état ; un débit très en dessous des attentes, de façon durable, justifie en revanche de vérifier son installation ou de contacter son fournisseur.

La distance au central : un facteur clé en ADSL, sans effet en fibre

En ADSL, le signal circule sur une ligne téléphonique en cuivre depuis le répartiteur (central téléphonique) jusqu'au domicile. Plus cette distance est longue, plus le signal s'affaiblit, ce qui réduit le débit disponible : un logement proche du répartiteur peut obtenir un débit ADSL nettement supérieur à celui d'un logement éloigné, même avec le même abonnement souscrit. La fibre optique fonctionne différemment : elle transmet un signal lumineux qui ne s'atténue quasiment pas sur les distances rencontrées en usage résidentiel, si bien que la distance entre le logement et le point de raccordement n'a, en pratique, pas d'impact significatif sur le débit obtenu. C'est l'une des raisons pour lesquelles les débits fibre sont à la fois plus élevés et plus homogènes d'un foyer à l'autre que les débits ADSL.

À retenir

  • Les FAI annoncent le débit en Mbps (mégabits/seconde), les ordinateurs affichent souvent le téléchargement en Mo/s (mégaoctets/seconde).
  • 1 octet = 8 bits, donc il faut diviser le débit annoncé par 8 pour obtenir l'équivalent en Mo/s : 100 Mbps ÷ 8 = 12,5 Mo/s.
  • Un écart supplémentaire, léger, entre 12,5 Mo/s et le débit réellement observé est normal (overhead réseau, Wi-Fi, serveur source) — mais l'essentiel du facteur 8 s'explique par l'unité, pas par une panne.

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