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Blog · Argent & finances

Pourquoi les frais de notaire sont bien plus élevés dans l'ancien que dans le neuf

« Frais de notaire » est sans doute le terme le plus trompeur de l'achat immobilier : la quasi-totalité de la somme ne va pas au notaire, mais à l'État. C'est précisément ce qui explique pourquoi l'écart entre un bien ancien et un bien neuf peut dépasser 12 000 € sur un achat à 250 000 €.

Un nom trompeur : le notaire ne garde presque rien

Quand on parle de « frais de notaire », on imagine spontanément que cet argent rémunère le notaire. En réalité, sa rémunération propre — les émoluments, fixés par un barème national réglementé — ne représente qu'une petite fraction du total, de l'ordre de 1 à 1,5 % du prix du bien. Le reste se répartit entre des débours (les frais que le notaire avance pour le compte de l'acheteur : documents d'urbanisme, extraits cadastraux, formalités diverses) et, surtout, les droits de mutation — aussi appelés « droits d'enregistrement » — qui sont des taxes reversées à l'État, au département et à la commune. Le notaire ne fait ici que collecter cette somme pour le compte du Trésor public avant de la lui reverser intégralement.

Concrètement, sur un montant total de « frais de notaire » avoisinant 7 à 8 % du prix d'un bien ancien, les droits de mutation représentent l'écrasante majorité de la facture. C'est cette ligne, fixée par la loi et non par le notaire, qui explique l'essentiel de la différence entre l'ancien et le neuf.

Des taux de droits de mutation très différents selon l'ancien ou le neuf

Le taux des droits de mutation n'est pas le même selon la nature du bien acheté :

  • Dans l'ancien, le taux global des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) tourne aujourd'hui autour de 5,80 % du prix de vente dans la plupart des départements, certains ayant relevé ce taux jusqu'à 5 % de part départementale.
  • Dans le neuf (une VEFA, vente en l'état futur d'achèvement, ou un logement achevé depuis moins de 5 ans), la vente est en principe déjà soumise à la TVA. Les droits de mutation bénéficient alors d'un taux réduit, de l'ordre de 0,715 % seulement.

L'écart de taux, à lui seul, est donc d'environ 8 fois plus élevé dans l'ancien que dans le neuf sur cette seule ligne de calcul.

L'exemple chiffré : un bien à 250 000 €

Prenons un achat à 250 000 € pour visualiser l'écart concret sur les droits de mutation seuls, sans compter les émoluments du notaire ni les débours (qui ajoutent encore environ 1,5 à 2 points de pourcentage, dans un sens comme dans l'autre) :

  • Dans l'ancien, à 5,80 % : 250 000 € × 0,058 = 14 500 € de droits de mutation.
  • Dans le neuf, à 0,715 % : 250 000 € × 0,00715 = 1 787,50 € de droits de mutation.

L'écart sur cette seule ligne atteint donc 14 500 € − 1 787,50 € = 12 712,50 €, rien qu'en droits de mutation, avant même d'ajouter les émoluments du notaire et les débours. Une fois ces derniers comptés, les frais totaux tournent généralement autour de 7 à 8 % du prix dans l'ancien, contre 2 à 3 % dans le neuf.

Ces taux sont des ordres de grandeur moyens : ils peuvent varier légèrement d'un département à l'autre, et les émoluments suivent un barème dégressif par tranches de prix. Pour un calcul précis correspondant à votre propre projet, mieux vaut simuler le montant exact avec votre prix d'achat et le type de bien concerné.

Pourquoi cette différence existe

Ce traitement fiscal différencié n'est pas un hasard : il vise à encourager la construction de logements neufs. Un achat en VEFA a déjà généré de la TVA au moment de la vente (payée par le promoteur puis répercutée dans le prix), et l'État évite ainsi une forme de double taxation en appliquant des droits de mutation réduits. L'ancien, lui, n'est pas soumis à la TVA immobilière, d'où l'application du taux plein des droits de mutation, qui reste la principale source de recettes pour les collectivités locales sur ce type de transaction.

Ce qu'il faut retenir

  • L'essentiel des « frais de notaire » correspond à des taxes reversées à l'État, pas à la rémunération du notaire.
  • Les émoluments du notaire ne représentent qu'environ 1 à 1,5 % du prix du bien.
  • Les droits de mutation tournent autour de 5,80 % dans l'ancien, contre environ 0,715 % dans le neuf.
  • Sur un bien à 250 000 €, l'écart atteint environ 12 712,50 € rien que sur les droits de mutation.

Pour obtenir une estimation détaillée et personnalisée selon votre projet, le plus simple reste de calculer directement le montant attendu pour votre prix d'achat.

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